Les canicules et la sècheresse de 2026 ont montré que la Maraîchine sait valoriser toutes les végétations, y compris celles qui sont réputées non appétantes, et y compris celles qu’elles n’avaient pas testées les années précédentes…
L’observation du comportement des animaux fait avancer les réflexions sur l’adaptabilité des élevages au changement en plus des réflexions déjà engagées sur la diminution de la mécanisation et des intrants et sur la valorisation des espaces naturels.
Ces végétations alternatives ont un double intérêt : constituer des ressources fourragères qui permettent de retarder l’affouragement et d’économiser le foin réservé à l’hiver, et créer une diversité de milieux favorables à la faune et à la flore.
Les roseaux
L’INRAe travaille sur la valorisation des fourrages atypiques depuis plusieurs années, et avait déjà publié sur le Roseau phragmite comme ressource alimentaire dans des élevages, notamment de Maraîchines. Et depuis quelques années, la LPO Vendée accompagne les élevages de maraîchines (et d’autres) pour financer et organiser la plantation de roselières, pour développer ce milieu favorable à la biodiversité.
A la fin août et en septembre 2026 les roseaux faisaient partie des (seules) végétations encore vertes dans les zones de marais. Par ailleurs, à cette saison les roseaux ont déjà fait leur cycle de floraison et peuvent donc être mis à disposition des troupeaux sans risquer d’affaiblir les rhizomes. Plusieurs éleveuses et éleveurs ont témoigné du résultat visible de ce pâturage sur l’état des vaches.
Quand les roselières sont développées et denses, le stock de fourrage peut être important.
Témoignage d’un éleveur : un pré considéré comme dénué d’intérêt pour le pâturage (car « l’herbe n’y pousse pas ») a fait l’objet en 2025 d’un chantier de protection des quelques pousses de roseaux présentes. Résultat : malgré la sècheresse de 2026, la roselière a très vite progressé, conférant à la parcelle un nouvel intérêt pour le pâturage de fin d’été…

Autres végétations alternatives
Ronces : un éleveur témoigne de l’appétence des vaches pour les jeunes pousses de ronce (suite à un broyage) pendant les périodes de canicule, c’est en effet une ressource verte et sucrée, présente à cette période. Et les mûres sont aussi appréciées par les vaches.
Jussie : en fin d’été, les Jussies américaines occupent de grandes surfaces dans les fonds de fossés à sec… les herbiers sont verts et en fleurs (mellifères, qui attirent pas mal d’insectes)… Des élevages du Marais breton pratiquent le pâturage de ces herbiers, qui constituent aussi une ressource quand tout est sec ailleurs…
Chardons : cette année les « chardons » (qui regroupent plusieurs genres botaniques) sont aussi devenus une ressource pour les troupeaux. Les chardons sont aussi très intéressants pour tout un tas d’insectes butineurs !
Mais encore… les vaches peuvent valoriser d’autres herbiers de fonds de fossés salés ou doux (chénopodes, salicornes), et des végétations d’habitude boudées (Carex divisa et Agrostis par exemple).



